A entendre ce que l'on dit, il y aurait deux façons d'envisager les choses.
La première, c'est qu'une fille célibataire, à un moment donné, elle a dû foirer quelque chose. Sur le grand tapis rouge de la vie, elle a loupé une marche. Elle n'a pas su saisir sa chance, a trop regardé les trains passer ( & aussi les séries télé ) , a oublié de vivre, a oublié d'être sexy, et aussi de parler quand il fallait. Bref, cette fille là, au fond, n'a que ce qu'elle mérite. D'ailleurs, si elle vit en coloc, ce n'est pas un hasard. Tellement dur de se confronter à tout ce vide.
La deuxième: être célibataire, c'est le sel de la terre. Une fille qui fait ce qu'elle veut, qui modéle ses nuits et ses jours comme de la pâte, qui joue avec les garçons ( comme dans les pubs Kookaï des années 90 ), qui boit trop sept nuits sur sept ( mais garde un teint de rose ). Qui tente toutes les expériences sexuelles qu'on voit dans les pornos, mais qui fait ça parce qu'il faut bien vivre avant d'être mariée ( et aussi parce qu'elle le vaut bien ). Bref, victime ou salope, elle a tout faux. Et pour cause : elle incarne la liberté avec un grand L
Il y a pourtant, entre ces deux portraits à gros traits, une fille qui en a plus qu'assez qu'on glose sur son sort, sur ses nuits & ses jours, sur ses tenues ( trop courtes, trop noires, trop scintillantes ... ). Une fille qui aime les petits déjeuners en terrasses au mois de juin, les jupes qui volent en été, les soldes sans la cohue, et que les garçons la trouve sexy. Cette fille là aimerait bien qu'on la laisse vivre en paix.
C'est à dire normalement. Elle ne dit pas que c'est le grand huit tous les jours, elle n'a jamais clamé que tout ça c'était "son choix". Elle pense juste que la vie vient comme ça, que demain sera demain, c'est à dire forcement different mais ce n'est pas parce qu'elle aura un homme à son bras que ce sera mieux.
Elle ne sait pas encore, elle n'est sûre de rien.
©Marie Lannelongue.
Glamour n°53
Merci .